Depuis la prospection menée par Elie Ducassé et Catherine Petit dans les années 1990, on soupçonnait l’existence d’un site gallo-romain à Estoube.
Lorsque le SIAEP (Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable) de Saint-Mézard décida l’implantation d’une station de traitement des eaux à cet emplacement, le service archéologique de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), passa commande à l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) d’un diagnostic qui fut réalisé courant 2009, grâce à une trentaine de sondages.
Les éléments découverts laissant soupçonner la présence d’une habitation, une fouille du site fut cette fois commandée pour une durée déterminée de huit semaines, entre le 16 février et le 9 avril 2010.
Etat des connaissances d’après les données terrain recueillies le 31 mars 2010 auprès de Frédéric Veyssière, responsable de la fouille :
Nous sommes en présence d’une grande villa gallo-romaine de la première moitié du 1er siècle de notre ère, établie à la campagne, à 1 km au nord de la ville située dans la plaine du Pradoulin. La villa ouvre sur une voie que l’on considère être la voie romaine menant de Saint-Bertrand-de-Comminges à Agen. Elle est organisée autour d’une cour rectangulaire probablement ouverte par une galerie. La citerne de récupération des eaux de pluie et une pièce en forme d’abside, de fonction indéterminée, sont clairement identifiables. La piscine, située à l’extérieur de la villa, a été creusée peu avant ou peu après la construction de celle-ci. Le tout était fermé par une clôture, probablement une haie plantée. Le four à chaux, essentiel à l’élaboration du mortier, a été retrouvé à l’écart, au sud de la villa.
A ce jour, on ignore si la partie non fouillée est également résidentielle ou agricole.
Bien qu’une seule moitié de la villa ait été fouillée, l’aménageur reprendra complète possession de la parcelle pour y mener les travaux dès le 10 avril 2010.
Les différents relevés (topographiques, photographiques …), le mobilier recueilli (monnaies, tessons de vaisselle en céramique, fragments de marbre, tesselles de mosaïque …) seront analysés lors de l’étape suivante : la phase de post-fouille. A ce moment là, interviendront des spécialistes de chaque domaine et un compte-rendu, le rapport de fouille, sera établi.

Description des vestiges sur une vue d’ensemble (d’après une photo de R. Leygue prise depuis une nacelle).

La piscine – G. Prost © Ville de Lectoure, 2010 / Inventaire général Région Midi-Pyrénées, 2010.

L’escalier d’accès à la piscine – G. Prost © Ville de Lectoure, 2010 / Inventaire général Région Midi-Pyrénées, 2010.

Le caniveau d’évacuation de l’eau de la piscine – G. Prost © Ville de Lectoure, 2010 / Inventaire général Région Midi-Pyrénées, 2010.

Des éléments d’architecture en pierre, dont un fragment de colonne, retrouvés dans la piscine mais de fonction encore indéterminée – G. Prost © Ville de Lectoure, 2010 / Inventaire général Région Midi-Pyrénées, 2010.

La partie inférieure du four à chaux et son couloir de récupération – G. Prost © Ville de Lectoure, 2010 / Inventaire général Région Midi-Pyrénées, 2010.